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Constitution et Pouvoir

Entre les principes énumérés par les préambules de la Constitution Française et la réalité du fonctionnement constitutionnel français, il y a un gouffre qu'aucune réforme n'a jamais tenté de combler.

La France a toujours entretenu des relations difficiles entre les règles définies à partir des valeurs de sa culture et le fonctionnement de ses institutions.

La royauté a très tôt estimé que la couronne devait être un héritage appartenant aux descendants masculins, qui pouvaient se quereller à ce sujet, sans respect des populations. Les financiers ont tenté de limiter ce pouvoir de violence, dangereux pour tous, qui privilégiait la force sur la réflexion. Les morts ne sont pas des opposants dangereux, la vie est quelque chose de présent qui appartient à ceux qui savent s’imposer, les autres n’ont même pas le jugement de l’histoire que chacun raconte selon la loi du vainqueur.

La Révolution a permis le développement de belles envolées philosophiques et scientifiques, mais elle a vite été rattrapée et étouffée par la violence, celle de la Terreur, puis celle plus discrète de la loi Le Chapelier, pour finalement se noyer dans les guerres napoléoniennes.

Pendant ce temps, ce sont les découvertes scientifiques qui ont permis les avancées du XIXème siècle, la suprématie des économies occidentales sur le monde entier et le partage du monde issu de la première guerre mondiale. Ce partage consacrait une fois de plus le droit à la violence, ce droit du vainqueur à décider de tout pour tous, vainqueurs et vaincus, majoritaires ou minoritaires, sans compter ceux dont l’existence n’est même pas reconnue.

Les valeurs, de plus en plus d’intellectuels s’y réfèrent, mais cela reste l’apanage des études, de la recherche, tandis que la vraie vie se charge ensuite d’imposer des règles plus terre à terre, dirons-nous, pour ne pas dire conformes aux diktats de la violence.

La Deuxième Guerre Mondiale, et ses dérivées, a atteint dans ce domaine des sommets inégalés qui ont seulement permis de dégager la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme que les financiers ont immédiatement écartée du droit des affaires. En pratique, la finance régit le monde, avec sa face cachée plus importante que ce que les peuples peuvent appréhender par les comptes publics. Et ceux qui veulent se consacrer à résoudre les malheurs du monde peuvent continuer à s’égosiller, ils sont même fiscalement adoubés, donc absorbés.

Et notre constitution française est bien conforme à ce schéma : une présentation des principes dans de multiples préambules destinés à satisfaire les âmes sensibles, et un cadre de fonctionnement pragmatique qui enterre tous les bons principes.

Entre le secret-défense, la misère que l’on ne peut pas accueillir, les nécessités de la rigueur budgétaire, il est bien évident que ceux qui nous gouvernent se moquent bien des grands principes. Les clivages ne sont d’ailleurs pas ceux que l’on pense, puisqu’à droite comme à gauche, les ténors se sentent obligés de rappeler qu’il y a des frontières, que les syndicalistes n’oublient pas de dire que le travail est une denrée rare qu’il faut réserver à des catégories particulières, que les minima sociaux coûtent trop cher, et j’en passe, …..

L’usage de la force a toujours entraîné une accumulation de richesses au bénéfice de ceux qui en disposent, et il faut bien plus que des principes pour trouver des solutions. Il faut une organisation rigoureuse, une surveillance permanente, des équilibres soigneusement étudiés, des rééquilibrages et des arbitrages sans état d’âme, donc un mode de pensée qui doit imprégner toute instance dirigeante. Tel n’est pas le cas de notre système de formation, qui passe beaucoup de temps à se justifier par les méandres de l’Histoire, au lieu de chercher à s’améliorer. Tous les grands fonctionnaires de l’État ont une vision basée sur de grands projets que le peuple devra subir ! C’est donc une culture par la force, imposée par ceux qui prétendent savoir. Il y a donc, et il y a toujours eu un système de détection des individus susceptibles d’assurer la perpétuation de ce système. Et, à côté de ce système étatique, des pensées alternatives bourgeonnent régulièrement, de ci, de là, mais avec un handicap majeur, celui d’être une pensée qui n’a jamais pu faire ses preuves dans notre pays, puisque tout est verrouillé. Notre État, monarchique, impérial, républicain, n’a jamais su mettre en place des outils permettant de contrôler ses excès, ses dérèglements, ses abus. Quelle égalité peut-il y avoir entre ceux qui ont un droit au secret, donc à l’absence de justification, et ceux qui ne savent même pas que l’on a utilisé leurs impôts pour créer des zones « interdites ». Comme nous venons de parler d’interdits, ne parlons pas de liberté, quant à la fraternité, elle peut difficilement exister pour ceux qui ont décidé que certains n’ont pas de droits. Ce qui vous explique les comportements déviants, le « populisme » et le « fascisme », partisans de la force ouvertement au bénéfice de ceux qui se prétendent plus forts que les autres. Car, dans le domaine de l’usage de la violence, toutes les nuances existent, de la violence la plus brutale à la pression du gant de velours.

Mais ces méthodes ont toutes en commun de ne pas chercher à optimiser les capacités cumulées d’une population, puisqu’elles se basent toujours sur un principe : l’exclusion de groupes estimés mal-pensants !

Alors, à un moment où tout le monde parle de réformes constitutionnelles, il est grand temps de découvrir qu’il existe aussi d’autres formes de réussite que celle du plus fort, du plus grand, du plus beau. Nous ne souhaitons pas être dirigés par des hommes providentiels, nous voulons simplement participer à toutes les décisions qui nous concernent, et ce n’est pas le cas actuellement.

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