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ABUS D'AUTORITÉ ET MENSONGE D'ÉTAT

Mensonge d'État

Lorsqu'une autorité cache une information vitale pour la population, avec l'aval d'autres autorités, de manière à cacher une réalité avérée, quel doit être le comportement de la Justice ?

Le mensonge est un faux, puisqu'il trompe et cache la vérité. Hors l'usage de faux est interdit. De ce fait, le mensonge d'État n'est pas conforme au mandat qui a été donné à une autorité.

Une démocratie suppose une délégation de pouvoir, or la République Française fonctionne selon la principe du mandat en blanc, avec le droit de mentir, le droit de refuser d'informer, le droit de ne pas rendre de comptes. C'est donc une dictature de fait, dont l'exécutif s'arroge en permanence des droits que la Constitution ne prévoit pas. Seule les situations d'exception nécessitant des décisions rapides peuvent justifier une suspension temporaire des explications publiques. Lorsque cette situation devient durable, elle suppose que le système judiciaire ne remplit plus ses fonctions.

Lorsqu'un haut-fonctionnaire justifie ses mensonges par l'intérêt supérieure de la Nation, il a oublié que cet intérêt, c'est nous qui le choisissons, pas lui ; lui, c'est un mandat qui lui est confié, dont il doit rendre compte.

Il y a donc des contorsions permanentes des constitutionnalistes pour tenter de faire croire qu'une république n'a pas à demander de comptes aux autorités ou à l'exécutif , encore moins à la Justice. Un tel État de fait correspond à des options politiques que l'Histoire peut expliquer, mais pas justifier. L'Histoire nous apprend que l'époque coloniale a créé des réflexes de l'administration chargée d'appliquer de grands principes dans l'idée, et de l'exploitation dans les faits. Le système colonial n'était pas républicain, ni démocrate. Les hauts-fonctionnaires de la République ont donc été recrutés sur des systèmes d'allégeance au pouvoir en place et non sur des capacités à développer des grands principes. La morale de notre République n'a pas souvent respecté les grands idéaux, et elle a développé des générations de dirigeants politiques et administratifs plus enclins à faire carrière dans un système (peu reluisant) qu'à aider à la diffusion de grands principes.

Aujourd'hui, il ne reste de ce système que les défauts qu'il entraîne, notre but n'est donc pas de refaire l'histoire ou de passer du temps à pleurer, il faut faire un état des lieux, et choisir un chemin pour trouver un avenir mieux adapté aux contraintes actuelles. Pour ce faire, il faut constater les excès en place, rétablir le respect des règles républicaines, au besoin en écartant les hauts-fonctionnaires qui s'accrochent aux avantages du passé, et se rapprocher ainsi des règles dont nous avons beaucoup parlé dans le passé, sans jamais les respecter.

Il en va ainsi des règles de transparence financière, de la lutte contre la corruption, ce qui suppose un système judiciaire fiable et cohérent, qui ne reçoit donc pas d'ordre de l'exécutif (mais le contrôle si la demande est faite), et qui rend des comptes en justifiant ses décisions par des moyens de droit conformes aux lois et aux traités internationaux.

Notre situation au regard des décisions de la CEDH est loin d'être réjouissante, puisque l'exécutif ne se cache pas pour dire qu'il dirige la Justice, que ses membres mélangent les intérêts privés, publiques, ou même personnels, et que des groupes occultes n'hésitent pas à interférer dans les enceintes judiciaires. Rien n'est plus opaque que les comptes de la Caisse des Dépôts et Consignations, mélangés avec les intérêts de groupes comme la Générale des Eaux. Les cadres supérieurs de ces organismes passent de l'un à l'autre, puis dans les grands corps de l'État, se congratulent et se servent pour faire des « carrières » ! Les nominations sont presque « de droit » pour services rendus, tandis que les numerus clausus et les concours sont imposés aux citoyens en les incitant même à se battre entre eux ou avec les immigrés.

L'état des lieux est consternant, puisqu'il s'appuie en plus sur une puissance militaire totalement impossible à détailler et à contrôler.

Il faut donc rétablir des contrôles, rétablir un système judiciaire, rétablir une administration compatible avec les règles à appliquer. C'est toute une conception de l'organisation sociale qu'il faut revoir. Pour ce faire, il faut déjà revoir les enseignements, afin que les réflexes de solidarité (« fraternité »), qui existent dans la population soient inculqués aux classes supérieures. Nous constatons en effet que les grands mouvements qui permettent à des millions de personnes de survivre sont surtout alimentés par ceux qui ont la plus petite partie des revenus de ce pays.

« L'Égalité » ne doit pas être un vain mot, ceux qui s'octroient des revenus publiques doivent rendre les services correspondants. La Justice doit pouvoir être exercée, et ceux qui en ont besoin doivent trouver des interlocuteurs attentifs et capables de faire rapidement et publiquement l'état d'une situation ; autrement, le chaos actuel se transformera peu à peu en champ clos et en guerre civile entre clans dépeçant les restes d'une république dépassée et chancelante.

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