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Grandeur, Décadence ...

          La grandeur, avez-vous cherché ce qu'il y a derrière ? Êtes-vous passé derrière le miroir ? Car la grandeur fait plutôt dans l'autosatisfaction, dans la suffisance, dans le « m'as-tu vue ? », sans vous laisser le droit de vous faire une opinion. Et pour cause, la grandeur suppose d'écraser ce qui vous entoure, quelque soit le moyen employé, la grandeur se justifie par elle-même et se moque des autres, elle est inconséquente, irresponsable, prétentieuse, et sourde. Ce n'est pas pour rien que son corollaire est la décadence, c'est un couple obligatoire, qui ne sont que les deux pièces d'un seul balancier.
Conclusion simple : ceux qui parlent de grandeur doivent subir de la part des gens sensés le rappel de la décadence.
Il est donc très risqué pour un ministre de parler de grandeur, car c'est un signe de mépris non dissimulé pour tous ceux que la grandeur a écrasé, écrase et va écraser, avant que la décadence ne l'écrase à son tour. La roue tourne, dira-t-on !! Et tant pis pour les victimes !!
La grandeur s'impose, elle n'aspire pas au respect, elle se moque des faibles, elle suppose aussi une part d'inconscience. Finalement, le problème de la Grandeur est de vouloir paraître, quand il faut seulement être. Mais la Grandeur est par ailleurs consommatrice et dévoreuse, car elle est flatterie, et même flagornerie. Celui qui croit à la Grandeur peut facilement être abusé par son entourage, qui peut jouer avec cette vision déformée et organiser un faux monde à l'usage exclusif  de celui qui croit porter un message ou un avenir ou une vision. Dans une République, au sein de laquelle le principe d'Égalité règne, la grandeur est un souci permanent, puisque contraire au credo républicain. La grandeur ne peut être que dans la foi en des valeurs, et dans leur mise en œuvre. C'est donc plutôt de l'abnégation et du service rendu que la croyance en des valeurs supérieures que la République ne reconnaît pas. Invoquer d'autres civilisations chez nous renvoie à l'ancien régime, ce que la fonction publique ne devrait pas admettre, et pourtant c'est ce qui arrive tous les jours. Une fois de plus, la nostalgie monarchiste ou bonapartiste met en avant des exemples d'une Histoire torturée et réécrite pour cacher des appétits de pouvoir mal dissimulés.
Le simple fait que la sociologie fasse dans ses analyses des études sur les classes sociales, sur les ascenseurs sociaux, sur les fractures sociales, montre que notre République n'arrive toujours pas à faire intégrer par tous l'idéal républicain. Les cours d'instruction civique ne s'enseignent de la même manière dans le XVIème arrondissement qu'en Seine Saint-Denis. Il est vrai que la police et la Justice n'y sont pas présentes sous les mêmes formes, ce qui est déjà un symptôme de difficulté dans l'organisation sociale. Nombre de citoyens sont toujours persuadés que la réussite consiste à pouvoir bénéficier des avantages des beaux quartiers, et que réformer consiste à trouver comment s'approprier les moyens de faire partie des privilégiés. Les arrivistes de tout poil sont seulement plus voyants que l'ancienne aristocratie, bénéficiaire historique et habituée des privilèges.
Lorsque la CNIL brocarde à juste titre l'existence de fichiers douteux, dans des services secondaires de l'administration, il serait bon qu'elle fasse la même chose dans des administrations beaucoup plus sensibles, comme la police ou la Justice. En effet, de nombreux citoyens de ce pays peuvent témoigner s'être entendus dire à la barre des tribunaux qu'ils étaient « connus », donc que leurs demandes seraient lettre morte. Cela va même plus loin, qui autorise légalement l'administration judiciaire à refuser de prendre en considération des demandes « répétées et jugées manifestement infondées ». Ce genre de considération représente pourtant l'exemple type de la décision arbitraire , sans fondement juridique, discriminatoire, non contradictoire et donc inadmissible. Vous ne pouvez pas faire appel d'une décision qui n'existe pas, vous ne pouvez pas vous pourvoir contre un jugement qui n'est pas rendu, vous ne pouvez pas trouver de procédure à faire contre le vide, contre la non-réponse, puisque vous n'avez pas d'interlocuteur. Que dénoncer, qui dénoncer, puisque vous n'avez pas d'interlocuteur. (N'oubliez pas que le Médiateur nouvelle formule refuse les problèmes touchant l'institution judiciaire).
Comment s'adresser à un juge impartial et indépendant, puisque cela remet en cause les avantages et privilèges de ceux qui se servent dans l'assiette au beurre. C'est quand même plus facile de supprimer le juge, et de faire surveiller les râleurs, cela crée des emplois, renforce l'organisation pyramidale, le clientélisme et la corruption, donc les moyens de repousser la décadence.

Bien sûr, victimes du système et partisans de la République n'y retrouvent pas leur compte.

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